25 avril 2008

Edinburgh, fin avril 2008

Le froid sur mes joues et mes genoux, les moutons ont l'air paisible, on le serait a moins; je me sens bien aussi. Un peu a l'exterieur de moi meme mais ce n'est pas un sentiment desagreable.

David Hume est enterre pas loin, j'irai lui faire un petit coucou.

27 mars 2008

Hold on, Jesse.

Paris, quatrième arrondissement. Je suis Jesse James avec mes bottes de sept lieues, mon colt c'est mon poteau, enfoncé calé dans le creux de mes hanches. Je feutre, feule, feutre enfoncé filant la foule fénéante, foutaises faméliques, foutue fille forcenée. Être Jesse James ou Mesrine ou Lacenaire un après midi de mars, c'est un peu la même chose. J'ai six coups; un pour chaque heure de l'après midi, un pour chaque regard trop appuyé. J'ai six coups et surtout des phalanges fragiles pour mon prochain festin de furie.

Apparté:
Le canon du colt ressemble étrangement à la cuvette de mes toilettes. La tête en plein dans le mille, dans les deux cas c'est un suicide, si l'on fait abstraction du rythme. Mon flingue ou mes chiottes, ça ne change rien à l'affaire, excepté le soleil.
Fin de l'apparté.

Je dégomme les oiseaux déjà morts, avec leurs plumes éparpillées dans le caniveau, mon road movie c'est ton calvaire, mon flingue pressé contre le ventre j'attends la détonation de trop, celle qui viendra me perforer bêtement les entrailles.
Comme la fin tarde, Jesse jouasse jalonne quelques jurons sur la jeunesse qui est la lie et Jesse qui est les lites, la lie que tu lis là. Porte de, terminus, Jesse dans le bus.

C'est fatiguant, le printemps.

13 mars 2008

Oppression.

J'ai pensé que les corps qui nous ont touché un jour resteront ancrés sur nous, comme en homéopathie, la peau gardera la mémoire de l'autre, peu importe le nombre de dilution qu'on pourra tenter.

Quand j'avais treize ou quatorze ans, je rêvais que l'on pourrait effacer le passé, effacer les cicatrices sur la peau avec un simple chiffon mouillé. Je me disais que cela aurait pu être tellement plus simple.

Mais tous les corps restent sur nous, depuis celui de ma mère à laquelle je m'acharne à ne pas ressembler, sans aucun succès. Le corps de mon père, grande énigme les corps des amours et les étreintes furtives échangées sans trop y prendre garde au détour de nos vies, moi je ressens à en mourir le souvenir de peaux qui ne sont pas les miennes, même si j'ai pu croire un jour que l'épiderme de l'Autre était alors le "prolongement le plus sûr" de ma propre peau.

Le derme et le verbe grignotent peut à peu les cellules de mon cerveau, attestant ainsi toutes les théories de mort programmée

11 mars 2008

Sans titre.

Tu m'as donné envie d'écrire, j'ai voulu cet après midi m'allonger au soleil et prendre ta tête dans le creux de mon ventre, là où ça gargouille, coincé entre des os saillants.
Tu aurais senti mon rythme cardiaque trop rapide dans le choc silencieux de mes muscles abdominaux. Ce soleil là tu vois il brillait tant et tant que mes yeux mis clos se voyaient tout de même dévorés par une clarté orange, et si aveuglante. J'entendais le souffle continu de la ville un peu plus bas, la circulation dense. Le creux de mon nombril et celui de ta cochlée se rejoindraient, miroir l'un de l'autre et cette onde de choc qui va de l'un à l'autre, s'engouffre dans la spirale.
Ce qui me gênerait le plus en réalité, serait non pas le poids de ta boîte crânienne bien que celle ci fut l'élément le plus lourd de ton corps mais plutôt le poids que ton existence imposerait à la mienne. Il me semblerait sans doute mourir chaque fois que mes décibels se trouveraient hors de portée de tes osselets ou que mes protubérances articulaires échapperaient à ton agilité digitale.
De fait vois tu, j'ai eu de la chance, si l'on peut dire, puisqu'aucun crâne n'est venu déranger mon activité intestinale de sa pesanteur trop humaine.

09 mars 2008

Trente sept degrés cing à l'ombre de la chaleur humaine

Mon sommeil est confortable comme il ne l'avait été depuis des mois. Ma caboche ne cesse de rouler et retourner de drôles d'idées.
Il pleut et je ne peux pas mettre mes chaussures rouges mais ce n'est pas si grave, je mange des images dans ma chambre du sixième étage, les rates sont pelotonnées contre mon ventre même si elles n'en ont cure du film qui passe. Je bois du thé parfumé, sans sucre, et sur la gouttière, l'ombre du ruisseau commence à disparaître.

05 mars 2008

Sono fame

Je devrais cesser d'écrire sur Hell Air. Je devrais même cesser de tourner en rond dans mon écriture, cesser de tourner en rond dans le reste.

J'ai fait un concert avec la fille aux cheveux de nuage, et quelques amies filles à elle, écouté de la hardtek du trip hop de la dub et du hardcore, fumé des joints, parcouru les pavés avec Rox Tzar, fumé des cigarettes à la fumée blanche, jeté ma gueule tordue de mannequin au travers des rues, tenté de gérer ma relation avec ma mère, bref tout ce qui se produit d'ordinaire lorsque je reviens là bas.

Fort heureusement je suis de retour à Paris, Von De est en vacances, mon rouge à lèvres est vraiment très beau et je vais à Edinburgh en avril.

23 février 2008

Paris - fin février

Tchou Tchou le froid est revenu s'abattre sur nos gueules mais c'est un froid gentil, un froid factice, ce sont les soubresauts de l'hiver agonisant, et les parisiennes n'en ont cure, elles gambadent les parisiennes, elles ont des jambes très longues; toujours l'une ou l'autre sur le sol un pied talonné dans le bitume et l'autre en ascension.

Miam.

J'ai de bonne nouvelles pour les vacances de Pâques, je vais faire un aller retour dans mon Angleterre chérie, les yeux encombrés de pioupious et de lycéens, l'air sévère derrière mon bureau de prof. (Tu parles ils sont tous fan de moi).




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