Vitriol is not dead

épitaphes multipes

27 mars 2008

Hold on, Jesse.

Paris, quatrième arrondissement. Je suis Jesse James avec mes bottes de sept lieues, mon colt c'est mon poteau, enfoncé calé dans le creux de mes hanches. Je feutre, feule, feutre enfoncé filant la foule fénéante, foutaises faméliques, foutue fille forcenée. Être Jesse James ou Mesrine ou Lacenaire un après midi de mars, c'est un peu la même chose. J'ai six coups; un pour chaque heure de l'après midi, un pour chaque regard trop appuyé. J'ai six coups et surtout des phalanges fragiles pour mon prochain festin de furie.

Apparté:
Le canon du colt ressemble étrangement à la cuvette de mes toilettes. La tête en plein dans le mille, dans les deux cas c'est un suicide, si l'on fait abstraction du rythme. Mon flingue ou mes chiottes, ça ne change rien à l'affaire, excepté le soleil.
Fin de l'apparté.

Je dégomme les oiseaux déjà morts, avec leurs plumes éparpillées dans le caniveau, mon road movie c'est ton calvaire, mon flingue pressé contre le ventre j'attends la détonation de trop, celle qui viendra me perforer bêtement les entrailles.
Comme la fin tarde, Jesse jouasse jalonne quelques jurons sur la jeunesse qui est la lie et Jesse qui est les lites, la lie que tu lis là. Porte de, terminus, Jesse dans le bus.

C'est fatiguant, le printemps.

Posté par VitriolRoi à 18:46 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 mars 2008

Oppression.

J'ai pensé que les corps qui nous ont touché un jour resteront ancrés sur nous, comme en homéopathie, la peau gardera la mémoire de l'autre, peu importe le nombre de dilution qu'on pourra tenter.

Quand j'avais treize ou quatorze ans, je rêvais que l'on pourrait effacer le passé, effacer les cicatrices sur la peau avec un simple chiffon mouillé. Je me disais que cela aurait pu être tellement plus simple.

Mais tous les corps restent sur nous, depuis celui de ma mère à laquelle je m'acharne à ne pas ressembler, sans aucun succès. Le corps de mon père, grande énigme les corps des amours et les étreintes furtives échangées sans trop y prendre garde au détour de nos vies, moi je ressens à en mourir le souvenir de peaux qui ne sont pas les miennes, même si j'ai pu croire un jour que l'épiderme de l'Autre était alors le "prolongement le plus sûr" de ma propre peau.

Le derme et le verbe grignotent peut à peu les cellules de mon cerveau, attestant ainsi toutes les théories de mort programmée

Posté par VitriolRoi à 19:21 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 mars 2008

Sans titre.

Tu m'as donné envie d'écrire, j'ai voulu cet après midi m'allonger au soleil et prendre ta tête dans le creux de mon ventre, là où ça gargouille, coincé entre des os saillants.
Tu aurais senti mon rythme cardiaque trop rapide dans le choc silencieux de mes muscles abdominaux. Ce soleil là tu vois il brillait tant et tant que mes yeux mis clos se voyaient tout de même dévorés par une clarté orange, et si aveuglante. J'entendais le souffle continu de la ville un peu plus bas, la circulation dense. Le creux de mon nombril et celui de ta cochlée se rejoindraient, miroir l'un de l'autre et cette onde de choc qui va de l'un à l'autre, s'engouffre dans la spirale.
Ce qui me gênerait le plus en réalité, serait non pas le poids de ta boîte crânienne bien que celle ci fut l'élément le plus lourd de ton corps mais plutôt le poids que ton existence imposerait à la mienne. Il me semblerait sans doute mourir chaque fois que mes décibels se trouveraient hors de portée de tes osselets ou que mes protubérances articulaires échapperaient à ton agilité digitale.
De fait vois tu, j'ai eu de la chance, si l'on peut dire, puisqu'aucun crâne n'est venu déranger mon activité intestinale de sa pesanteur trop humaine.

Posté par VitriolRoi à 01:13 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 janvier 2008

Hell Air, toi si unique et si belle

Je me sens tellement façonnée par ma ville natale, par cette ville que personne ne parvient à attraper entièrement tant elle se fait changeante, toujours en mouvement, de la même façon que cette eau mouvante qui lui baigne continuellement les pieds, l'eau dégueulasse et jamais chaude du port de Hell Air, l'eau froide qui un soir sous la lune est venue refroidir le whisky dans mes veines et j'ai couru sur la plage, dans un moment de folie qui a libéré ma peau pour toujours. En ce temps là (pardon Blaise pour te voler tes introductions), en ce temps là, je me sentais une paria dans cet univers alors qu'aujourd'hui je ne fais que lui courir après, étouffer du manque, ne désirer que le froid abrupt de la pierre sur ma poitrine, la pierre noire et brillante, celle que nous poursuivrons tout à l'infini des entrailles de la terre, vitriol reprend du mythe, bien sûr qu'il a toujours du rab pour les plus affamés. D'ailleurs moi je voudrais bien que la Faim me revienne, au lieu de ronger toujours la même peau qui se réduit de chagrin à mesure que le temps passe et voilà qu'il est 5 heures, Paris s'éveille, je vais me coucher.

Posté par VitriolRoi à 05:02 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 décembre 2007

Mobile thoughts #4

Je ne trouve pas le sommeil, j'ai chaud. Mes pieds me démangent et j'ai la bouche sèche. J'entendais un peu plus tôt le carillon de l'église mais c'est fini maintenant. Ça me donne un peu le même sentiment que lorsque la bûche des morts craque en son milieu. C'est sans doute de la nostalgie, un truc que tu sais si bien faire Vitriol, quand cesseras-tu de pleurer sur un passé qui ne devrait que t'enrichir et non t'alourdir? Je suis seule, toujours, partout.
Je me prends malgré moi à imaginer que la trève de Noël m'autoriserait à racheter (concept chrétien s'il en est) quelques actions. J'aurai sans doute voulu ne jamais être embrassée sur la Seine (notez la parabole pudique) si cela devait autant déséquilibrer la balance de mon esprit. Cette putain de balance qui réclame de nombreux et trop légers poids d'un côté et se suffit souvent d'un seul de l'autre. Où je voulais en venir déjà? Ah ouais je sais: faire un texte un peu ciselé avec en transparence quelques pépites de souffrance afin que seuls les habitués puissent discerner quoi que ce soit.
Bah que dalle. Vitriol c'est comme ton boucher, elle découpe les rentiments à la machette. Mon coeur c'est plus le Tchad mais le Rwanda (tu te souviens comme nous avions pu pleurer sur le Tchad autrefois?). Finalement, le Tchad ou le Subjonctif ce n'est jamais que la même histoire qui se répète: c'est pourquoi est ce qu'on ne choisit pas la fille vitriol, celle qui jette sa blessure béante dans ta face, celle que finalement tu ne peux tolérer qu'en en restant loin, sous peine de te consumer à ton tour. Je ne suis pas déprimée hein, juste songeuse. (et pourquoi reparler du Tchad maintenant, hein? pourquoi?)

Posté par VitriolRoi à 00:54 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 décembre 2007

Rien du tout, mentis je

Rien du tout, je n'ai pas faim, pas envie, pas de vie.
Bonjour madame la bibliothécaire, dit elle d'une voix de poitrine et donc un peu aigue. Elle consulte les cote sur la tranche des livres enrayonnés. Sur le petit papier qu'elle tient dans la main il y a d'autres cryptogrammes de lettres récupérés un jour avant sur l'internet.

J'ai des restes sales de rêve érotique à l'intérieur de ma cervelle, que je nettoie tant que possible par la blancheur des pages sur lesquelles sont venues un beau jour s'afficher des lettres d'imprimerie, et tout cet enchevêtrement fiini par causer d'autres rêveries, ou d'autres cauchemars, enfin peut être, par la suite, donner un sens aux errements furieux de ma cervelle.

Allo madame bonjour voici mes quatorze chiffres, divisibles par deux pour revenir à dieu. Qui fait sept, lui. Ou autres allitérations insensées de ma cervelle furieuse.

J'ai froid.

Posté par VitriolRoi à 16:06 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 décembre 2007

Bâclé.

Je suis une éolienne.

Je me contente de tourner dans le vide, d'être devant toi comme une statue magnifique dont tu ne connais ni le fonctionnement ni les réelles implications, d'être tendue entre le ciel et la terre comme un point de ralliement entre l'humain et le vent, qu'à tous les siècles précédents on a divinisé, puis transformé en allégorie tout en essayant de l'apprivoiser. Mais toujours le vent saura dévaster l'univers. Un peu comme l'eau. La terre. Le feu.
L'éolienne c'est ça: c'est la main de l'homme qui croit qu'il peut se faire maître des éléments. Combien futile, combien présomptueux.
L'éolienne ne se pose pas de questions sur son existence, d'autres l'ont fait pour elle et puis tout d'un coup elle leur échappe, la voilà enfin ancrée dans le sol prête à balancer sa poésie de metal pour des années. Elle s'évade du carcan utile qu'on lui a donné et se met à tourner à l'intérieur de ta tête pour n'être plus que l'absurde et infini mouvement de l'univers, débarrassé de l'humain.
L'éolienne tu la vois? blanche de toute sa hauteur, dépassant de bien loin la surface de tes idées, au delà de tes capacités d'entendement, meurtrière, assourdissante, menaçante, elle va déchirer ton petit corps de chair l'éolienne et tu ne pourras rien y faire. Regarde la bien, regarde la, car elle de ces nouveaux dieux que nous avons créés et qui nous dépassent bien malgré nous.

Posté par VitriolRoi à 23:47 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



Page suivante »